Petite partie de Lijiang, au style chinois d’antan, maisons
sur deux étages inégaux, tuile et brique grise, structure de bois sculpté et
peinturluré, foule de minuscules ruelles en pavé grossier polis par le passage
des visiteurs, de petit canaux bordés de saules pleureurs suivent les méandres
de certaine d’entre elles, crachoir à chinois enroués, nourriture pour poissons
rouges affamé. La ville se partage en deux parties distinctes, non pas sur
l’architecture ou sur la configuration, mais l’une d’elle est la façade
touristique de cette chine d’autrefois, ici se partage le business du
vacancier, les restaus, bars, guest house, magasins de thé, de vêtements et de
babioles à touristes, tous identiques, tous plein d’un folklore falsifié, le
tout tenus pour la moitié par des expatriés ou des chinois d’autre régions
d’une extrême patience qui attendent inlassablement le moindre client pendant
parfois des heures. Seul endroit de la ville où il est possible de boire un
expresso connecté sur le net via wifi, ou de manger une pizza en sirotant une
heineken. L’autre partie de la vielle ville reste une chine de résidents, avec
l’ambiance que cela implique : grand marché bordelique, drogueries
surchargée, magasins de vêtements classiques et bon marché, étales
d’électronique à la chinoise, rues poussiéreuses et canaux d’eau souillée.
Frontière invisible entre deux mondes vivant pourtant côte à côte, dépendant
l’un de l’autre.
C’est dans la première partie de la ville que nous vivons
provisoirement, un cul de sac oublié des touristes, à l’entrée une petite vielle,
reine du commerce temporel : petit resto de rue au matin pour petits déjeuners
traditionnels, petit encas de midi, carte postale et babiole faites main la
nuit tombée, nous accueille par de grands sourires et quelques propositions
culinaires. Au fond de ce petit labyrinthe fleuris se dresse une grande porte
en bois branlante qui s ouvre sur une grande cour typique, quelque chaises au
milieu pour les longues discussions de la journée, les draps des quelques
chambre en location sèchent, inlassablement remplacé par les changement
d’occupant, ici résident 5 familles chacune vivant dans 4 mètres carrés pour
trois. On trouve ici une poignée de chambres toutes coquettes pour amoureux
chinois en vacances, la notre est plus simple, sans télévision, incroyable pour
de l’hébergement chinois, douche et toilette un peu plus loin dans la cour,
mais très agréable et très peu chère, trente yuans pour deux. Pas de
discussions possibles avec tous les gens présent ici, barrière du langage,
juste quelque gestes, sourires, et mots simples que nous connaissons, suffisent
à mettre une ambiance conviviale…